Une tortue ailée canadienne-française

Mise à jour 13 mars 2021

Le caporal Lupien est le premier à gauche en avant.

A French Canadian Turtle with Wings - Copy (2)


Clarence Simonsen m’avait déjà écrit pour me soumettre une de ses recherches sur les dessins peints sur les nez des avions…

A French Canadian Turtle with Wings - Copy (4)

Je traduis pour vous…

Bonjour Pierre,

Il s’agit en fait de trois histoires en une. Le Group Captain Dunlap était un officier exceptionnel de l’ARC. Ayant servi [dans un échange de service] avec la RAF en 1935, il comprenait bien les Britanniques et la façon de pensée de la RAF d’avant-guerre. Le Group Captain Dunlap était un officier qui n’avait pas peur d’exprimer son point de vue et de donner une réponse franche à tout. Il était en fait un homme près de ses hommes et faisait tout ce qu’il pouvait pour servir et prendre soin des membres sous son commandement.

Lorsqu’il arriva en Afrique du Nord et qu’il fut informé par le commandement de la RAF que les meilleures pistes d’atterrissage avaient été prises par la RAF, il était déterminé à ce que ses Canadiens ne se contentent pas des restes ou ne volent pas la nuit dans les régions montagneuses que les Britanniques avaient choisies pour lui. Grâce au système de troc, et à un peu d’alcool, il persuada un major du génie américain de lui construire deux pistes en terre battue à côté des unités de la RAF. Puis il informa le commandement de la RAF de ravitailler ses trois escadrons de l’ARC. Cela permit de sauver des vies canadiennes y compris celles des Canadiens français.

Il montra aux Britanniques le type d’officier canadien en plein contrôle de ses escadrons de l’ARC.

La création de dessins sur le nez des bombardiers Wellington du 420e et du 425e a commencé sur ces deux pistes d’atterrissage en terre battue, grâce au LAC Skip Rutledge. Par un heureux hasard, l’artiste de guerre officiel [Paul Goranson] a également peint le même nez de Wellington que celui peint par Rutledge. Si nous avions un musée dédié aux dessins peints sur le nez des avions, nous aurions une exposition éducative impressionnante.

D’autres peintures de Goranson capturant la guerre aérienne dans le désert sont stockées au Musée de la guerre, mais seront-elles un jour exposées ? C’est un cas simple [mais très rare] où ce genre d’art non officiel et l’art de guerre officiel peuvent être combinés pour éduquer les générations futures.

La puissance de cet art est clairement visible sur le bombardier Wellington baptisé « Slow but Sure ». Ce dernier a établi un record d’opérations avec le 425 Alouette avec 46 opérations consécutives. Tout cela était dû au fait que l’équipe au sol canadienne-canadienne avait pris un soin particulier de ce bombardier. Ma recherche et la réplique du dessin de la tortue n’a jamais été publiée auparavant.

A French Canadian Turtle with Wings - Copy

Voici la recherche de Clarence Simonsen sur des escadrons de l’ARC en Tunisie en 1943.

A French Canadian Turtle with Wings

Une tortue ailée canadienne-française

A French Canadian Turtle with Wings - Copy

Le 22 juin 1942, un ordre d’organisation est émis autorisant la formation du cinquième escadron de bombardiers lourds de l’ARC du Canada en Angleterre. Le 425e escadron est né trois jours plus tard à la station Dishforth de la R.A.F., dans le Yorkshire, en Angleterre, une unité du 4e groupe de bombardement. Ce qui rend cet escadron unique dans l’histoire de l’ARC en temps de guerre est le fait qu’il a été formé comme une unité canadienne-française et que ses rangs sont garnis par des équipages aériens et terrestres canadiens-français. Ils choisissent la devise « Je te plumerai » et le surnom Alouette, l’insigne officiel représentant un oiseau dans le ciel en position de vol stationnaire.

logo escadron 425

Des siècles auparavant, leurs ancêtres français, les Gaulois, avaient utilisé cette même image d’oiseau-alouette comme emblème officiel de la tribu et l’avaient gravée sur leurs casques de combat en temps de guerre.

Le 425e commence son entraînement sur les bombardiers Vickers Wellington B. Mk. III en août 1942, avec huit équipages qui effectuent la première opération sur Aix-la-Chapelle, en Allemagne, le 5 octobre 1942. Le 1er janvier 1943, l’escadron canadien français se joint à huit autres escadrons pour devenir le 6e groupe [ARC] du Bomber Command de la RAF. En avril 1943, les Alouettes  sur leurs Wellington bombardent avec succès les villes de Francfort, Stuttgart, Mannheim, Bochum, Hambourg [2], Cologne [2], Essen [2] et une troisième opération sur Duisburg, en Allemagne, le 26 avril 1943.

Le 3 avril 1943, le ministère de l’Air britannique demande au gouvernement canadien d’approuver l’utilisation de trois escadrons expérimentés de l’ARC volant sur Wellington pour soutenir l’opération « Husky », l’invasion de la Sicile.

Le 10 avril, les escadrons 420, 424 et 425 sont sélectionnés pour faire partie du groupe 205 de la 331e Escadre de la RAF, et pour voler sur de nouveaux bombardiers, les Vickers Wellington Mk. X tropicalisés pour être utilisés dans la chaleur, le sable et les fréquentes tempêtes de poussière en Tunisie.

La 331e Escadre est officiellement formée le 7 mai 1943, sous le commandement du Group Captain Clarence Larry Dunlap, un officier de l’ARC d’avant-guerre.

All my best in the New Year.

Group Captain Clarence Rupert Larry Dunlap 1943

À son arrivée sur le théâtre des opérations le 21 juin 1943, le G/C Dunlap est informé qu’il sera impossible pour les Canadiens d’opérer à partir des avions de la Tunisie, car cet espace a été réclamé par trois escadrons de la RAF sous le numéro 331.

L’escadron 70 de la RAF a pris le contrôle de Kairouan/Temmar le 25 mai 1943, l’escadron 40 de la RAF s’est déplacé de 10 miles vers le nord pour occuper Kairouan/El Alem, le 28 mai 1943, tandis que l’escadron 37 de la RAF se trouve au sud à Kairouan/Allami le 30 mai 1943.

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No. 331 Wing RAF à West Kairouan Mai 1943

Le nouveau commandant canadien de la 331e Escadre de l’ARC n’est pas impressionné lorsque les Britanniques l’informent qu’il va opérer plus au sud-ouest dans la région montagneuse entre l’Algérie et la Tunisie. Grâce à l’argent perdu au poker et à quelques bouteilles de whisky écossais, deux nouveaux terrains d’aviation en terre battue de l’ARC sont construits en quatre jours par un major du Corps du génie de l’armée américaine. Le G/C Dunlap informe ensuite le quartier général du Commandement aérien de la Méditerranée de la RAF que l’ARC sera située dans les plaines tunisiennes et que la RAF devra trouver les moyens d’approvisionner ses escadrons canadiens en carburant, en munitions et en nourriture. Les Britanniques acceptent à contrecœur, et les Canadiens se préparent à une guerre aérienne en Afrique du Nord.

Les Canadiens du 424e Escadron s’installent à Kairouan/Pavillier, tandis que les membres des 420e et 425e Escadrons prennent en charge la nouvelle piste d’atterrissage de Kairouan/Zina le 23 juin 1943. Les deux nouvelles pistes d’atterrissage en terre  battue ne sont séparées que de dix miles et sont situées à trente miles de la ville de Sousse, sur la côte méditerranéenne, ce qui est beaucoup plus sécuritaire pour les Canadiens revenant des opérations de nuit.

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Le 25 juin 1943, le 425e Escadron est déclaré opérationnel et effectue sa première opération les 26/27 juin 1943, lorsqu’il rejoint le 420e Escadron. Il attaque la piste d’atterrissage de la ville de Sciacca, puis poursuit ses raids sur d’autres ports de Sardaigne et sur des aérodromes siciliens.

Le LAC Floyd « Skip » Rutledge s’engage dans l’ARC le 17 octobre 1940.

Rutledge

photo Floyd Rutledge

Après une formation de mécanicien sur des moteurs d’avion, il est affecté au SFTS no 3 à Calgary, en Alberta, pour acquérir une expérience pratique dans son métier. En avril 1942, il est affecté à son premier escadron opérationnel, le 420 [Snowy Owl], à Waddington, au Lincolnshire en Angleterre. C’est là qu’il peint son tout premier dessin sur le nez d’un avion de l’ARC, un bombardier Hampton Mk. I de Handley-Page. Le dessin représente un Indien en tenue de ville.

Skip arrive sur la piste de Kairouan/Zina le 23 juin 1943, et commence à travailler sur le nouvel avion Wellington Mk. X dans les conditions extrêmes du désert par des chaleur de 120 degrés F. Au cours de son séjour en Afrique du Nord, il peindra au moins cinq dessins sur des avions Wellington.

A French Canadian Turtle with Wings - Stork[photo Floyd Rutledge]

Cette impressionnante cigogne avec la queue d’un bombardier Wellington a été peinte pour l’escadron 420 [Snowy Owl] à Kairouan/Zina, en août 1943.

La réplique à l’échelle 2003 a été peinte par moi, Clarence Simonsen et se trouve aujourd’hui au Bomber Command Museum of Canada à Nanton, Alberta.

Stork Clarence Simonsen

Ce croquis original de cigogne réalisé par Skip en Afrique du Nord en 1943, a également été donné à Nanton en 2010. A French Canadian Turtle with Wings - Copy (7)

En août 1943, l’artiste de guerre officiel Paul Goranson peint ce nez Wellington du bombardier de l’escadron 420 « Scarlet Harlot » qu’il intitule « Bombing Up a Blockbuster ». Il dessine l’avion avec la pin-up peinte par « Skip » Rutledge à Kairouan/Zina. Ce tableau se trouve aujourd’hui dans la collection du Musée de la guerre ou sur la photo PL47565.

Voici le dessin sur le Wellington peint par Skip Rutledge, photographié par lui en août 1943, à Kairouan/Zina.

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Les trois escadrons de l’ARC basés sur les pistes d’atterrissage de Kairouan/Pavillier [n° 424] et de Kairouan/Zina [n° 420 et 425] afficheront d’impressionnantes peintures canadiennes sur les nez de leurs Wellington Mk X.

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S/L Joe McCarthy, DFC, No. 424 Squadron, Kairouan/Pavillier, 28 Septembre 1943. [PL18385]

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Sur cette photo les sergents Art Jackson [Vancouver, C.-B.], B.H. Tremblay [Montréal] et Joe Ross [River Bend, Québec] admirent le nez de leur bombardier Wellington Mk. X no 425 « Chat-an-ooga-choo-choo ». 31 août 1943. [PL18303]

Dès la première opération effectuée les 26/27 juin 43, un bombardier « Alouette » Wellington Mk. X code « X » pour X-Ray, HE978, acquiert immédiatement la réputation d’être très lent, le plus souvent il est le dernier bombardier à atterrir à la base, mais il rentre toujours. Nuit après nuit, ce Wellington KW-X piloté par différents équipages vers des cibles méditerranéennes, revient toujours en dernier, mais sans jamais se comporter de manière capricieuse comme certains bombardiers de l’escadron.

Le personnel navigant et le personnel au sol commencent à ressentir une sorte de confiance condescendante dans cet avion lent, le personnel au sol se remettant lentement de son infériorité par rapport aux autres Wellington. Bientôt, ils consacrent des heures supplémentaires aux réparations et à l’entretien des moteurs de leur lent bombardier.

Voci les noms de l’équipe au sol du Wellington –

Caporal André Lupien du Lac à la Tortue, Québec.

LAC Yvon Monette de Montréal, Québec.

BAC Eric Merry de Vancouver, C.-B.

BAC C. Schierer de Ponoka, Alberta.

Après chaque opération, l’équipe au sol peint une petite bombe orange pour les opérations de nuit et, à mesure que le nombre de bombes augmente, l’équipe parle avec une fierté modérée de « leur » avion. Lorsque le Wellington est endommagé, la même équipe au sol travaille toute la journée du lendemain pour qu’il soit prêt pour l’opération de nuit suivante. Lorsque la campagne de Sicile se termine, leur bombardier n’a pas manqué une seule opération, un record du 425 Alouette de 32 vols consécutifs en Sicile. Le sous-lieutenant d’aviation Armitage de Miniota, Manitoba, était le bombardier (bomb aimer) lors de nombreuses opérations menées sur le bombardier Wellington, et eut l’idée de le baptiser « Slow But Sure » une idée tirée de la fable d’Ésope « Le Lièvre et la Tortue ». Ensuite, le sous-lieutenant d’aviation Armitage créa l’image du nez, aidé par toute l’équipe au sol pour peindre le nouveau dessin sur le nez à gauche. Le dessin est devenu une tortue ailée tenant une grosse bombe dans ses griffes.

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Avec la prise de la Sicile, il était prévu que la 331e Escadre soit dissoute et retourne en Grande-Bretagne avant la fin du mois de juillet 1943. Cette date est repoussée au 15 septembre 1943, et l’escadre va maintenant prendre part à l’invasion de l’Italie.

Le Wellington « Slow But Sure » effectue alors des opérations de jour en bombardant les aérodromes italiens de Foggia, les gares de Naples et les carrefours ferroviaires et routiers de Salerne. Ces cibles sont maintenant peintes avec des bombes blanches sur le nez, et la tortue n’a plus l’air neuve, sa durée de vie se mesurant désormais en heures. La grande surprise est le fait que ses performances de bombardier ne cessent de s’améliorer et que lors de ses quatre dernières opérations, elle fait partie du premier groupe de bombardiers à rentrer à la base. Le 15 septembre 43, la petite « Tortue ailée » effectue sa 46e opération consécutive de bombardement de l’Italie, mais à son retour, ses roulements de moteurs sont usés. Elle est retirée des opérations et remise à une unité de récupération des pièces. En regardant leur bombardier, l’équipe au sol décide qu’elle doit recevoir une D.F.C. pour toutes ces opérations. Entre la dernière rangée de bombes, un ruban DFC est peint sur son nez.

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La photo PL18351 montre les quatre membres d’équipage au sol en haut à gauche (LAC C. Schierer) et en bas à gauche (LAC E. Merry, Cpl A. Lupien et LAC Y. Monette). C’est ce très fier personnel au sol qui a peint l’impressionnant record de 46 opérations [32 de nuit et 14 de jour] ainsi que la petite peinture sur le nez de la « Tortue ailée ».  A French Canadian Turtle with Wings - Copy (10)-001

Le 30 septembre 1943, les trois escadrons de la 331e Escadre de l’ARC montent des tentes et se rendent au terrain d’atterrissage no 33 à Hani East, en Tunisie.

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Cette « journée de déménagement » de l’ARC est capturée dans une autre aquarelle officielle par l’artiste de guerre Paul Goranson, le 30 septembre 1943. Aujourd’hui, cette peinture est conservée dans la collection du Musée de la guerre à Ottawa. [image photo PL47563]

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N° 425 Wellington B. Mk. X, « Blues in the Night ». De gauche à droite – P/O J.E. Leigh, F/Sgt. R.S. MacKay, Ferdinand le Dressay et P/O C. L. Spooner, 31 août 1943, [PL183303]

Les dessins sur le nez des bombardiers Wellington du 425e Escadron continuent leur combat jusqu’au début d’octobre 1943, lorsque les Allemands se retirent plus au nord en Italie et que la ligne de front est stabilisée. Le 27 octobre 43, les membres de la 331e Escadre de l’ARC montent à bord de leurs navires de transport de troupes et retournent à leurs bases d’origine de Dalton, Dishforth et Skipton en Angleterre. Leurs fidèles bombardiers Wellington Mk. X avec des nez canadiens sont laissés sur place pour les unités de la RAF et oubliés à tout jamais.

La petite « tortue ailée canadienne-française » était lente mais sûre, et pour les hommes qui l’ont pilotée et sont rentrés chez eux, elle n’était pas une fable d’Esope, mais une grande partie de l’histoire de l’escadron 425 [Alouette] en Afrique du Nord.

Je me souviens…

Je me souviens très bien de mes trois rencontres avec Bernard Racicot DFC. J’avais parlé de ma première rencontre, mais pas des deux autres.

Un jour peut-être je pourrai vous en parler…

Bernard Racicot est un de ces nombreux héros méconnus d’une escadrille qui avait tranquillement sombré dans l’oubli après les années quarante. On ne parle pas beaucoup de comment les anciens combattants furent reçus à leur retour de la guerre.

Le monde voulait oublier.

Tous ces jeunes ont enfoui leurs souvenirs qui sont resurgis souvent dans leurs cauchemars.

PL 43637 – UK20548
Ce jeune pilote au regard décidé, a connu tout récemment en Angleterre, au Groupe de bombardement canadien, 1’aventure de sa vie. Le sous-lieutenant d’aviation Bernard Racicot, de Montréal (4095, boulevard Décarie), pilote de l’escadrille des Alouettes, a dû, au cours d’une mission en territoire ennemi, abandonner son bombardier en feu, après s’être assuré que tous les autres membres de son équipage avaient fait le saut. Son parachute à lui s’est ouvert juste à temps pour lui permettre de toucher le sol, sans se blesser. Il sauta à une altitude de 800 pieds seulement. Racicot et les quatre autres survivants de son équipage furent faits prisonniers de guerre par les Allemands qui les firent marcher pendant onze jours, ne les nourrissant chaque jour d’une tranche de pain et d’une tasse d’eau. L’équipage de Racicot fut finalement libéré par les Américains, après que le jeune pilote et son navigateur Marc-Aurèle, se soient enfuis pour aller à leur rencontre. Cette aventure a marqué pour Racicot et son équipage, la fin de leur premier tour d’opérations, après quinze missions toutes aussi mouvementées les unes que les autres.

 

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Bernard Racicot se souvenait de ses souvenirs de guerre… lui qui était passé  souvent à  un  doigt de la mort.

Bernard Racicot 1 

Le 18 décembre 1944, Le jeune Bernard Racicot était sur le tarmac quand il a vu de loin l’explosion du Halifax de Desmarais.

1944-12-18 Desmarais crew

Il ne restait plus qu’un seul doigt des sept membres d’équipage.

Before an operation over Germany/Avant une mission sur l’Allemagne

PL-26880 – UK8355, February 1944

RCAF photo PL-26880 – UK8355 – 425 Alouette sqn, Tholthorpe, Réal St-Amour collection

A long tough flight to bomb Germany lies ahead but these two Canucks and their little English pal are in good spirits as they await the signal to take off. They fly in one of the new Halifaxes of RCAF Bomber Group Overseas. Left to right are Sgt. D.K. McBain, R/251664, mid-upper gunner, 51 Ravina Crescent, Toronto, Sgt. Willie Morris, RAF 958188, flight engineer, Coventry, England and Warrant Officer Chesley Robert Jones, R/135357, pilot, 2079 West Fifth Ave, Vancouver.

PL-26880 – UK8355, février 1944

RCAF photo PL-26880 – UK8355 – 425 Alouette sqn, Tholthorpe, Réal St-Amour collection

Un long et difficile vol pour bombarder l’Allemagne se profile à l’horizon, mais ces deux Canucks et leur petit compagnon anglais sont de bonne humeur en attendant le signal du décollage. Ils volent dans l’un des nouveaux Halifax du Groupe de bombardiers outre-mer de l’ARC. De gauche à droite, le sergent D.K. McBain, R/251664, mid-upper gunner, 51 Ravina Crescent, Toronto, le sergent Willie Morris, RAF 958188, mécanicien de bord, Coventry, Angleterre et l’adjudant Chesley Robert Jones, R/13535357, pilote, 2079 West Fifth Avenue, Vancouver.

Les cigarettes du journal La Presse

RCAF photo PL-41915 – UK18597 – 425 sqn, Tholthorpe – Réal St-Amour collection

The ground crew of the French Canadian Bomber Squadron at R.C.A.F. Bomber Group in Britain always have a cigarette in hand and a smile on their lips; the former explains the latter. The « A » Flight Commander of the Squadron, S/L Eddie St. Jean of Ottawa, Ont. (142 Arlington Ave.), accompanied by the adjutant F/L Real St. Amour also of Ottawa (514 King Edward Ave.) have just distributed thousands of cigarettes forwarded by the Montreal newspaper « La Presse » for Christmas. The Adjutant has had the cases of cigarettes arranged in the form of a « V for Victory »; The armourers grouped around while the photographer snapped the happy faces of these courageous artisans of victory.

Photo was taken in front of a Nissen hut used by the armourers as a dispersal shelter when they are not required outside.


Photo ARC PL-41915 – UK18597 – 425 sqn, Tholthorpe – Collection Réal St-Amour

Le personnel au sol de l’escadron canadien-français de bombardement du R.C.A.F. Bomber Group en Grande-Bretagne a toujours une cigarette à la main et le sourire aux lèvres ; le premier explique le second. Le commandant de l’escadrille A de l’escadron, S/L Eddie St. Jean d’Ottawa, Ont. (142 Arlington Ave.), accompagné de l’adjudant F/L Réal St. Amour également d’Ottawa (514 King Edward Ave.) viennent de distribuer des milliers de cigarettes envoyées par le journal montréalais « La Presse » pour Noël. Le capitaine-adjudant a fait ranger les caisses de cigarettes sous la forme d’un « V pour Victoire » ; les armuriers se sont regroupés tandis que le photographe prenait des photos des visages heureux de ces courageux artisans de la victoire.

La photo a été prise devant une cabane Nissen utilisée par les armuriers comme abri lorsqu’ils n’ont pas besoin d’être à l’extérieur.

Deux autres Alouettes – Gilbert et Langlois

Photo C.A.R.C. PL-40496 – UK16285, collection Real St-Amour, prise après le 15 octobre 1944, devant le « Stanton air raid shelter », près du Q-G de l’escadrille Alouettes, à Tholthorpe, Yorkshire, U.K.

À gauche, le sous-lieutenant d’aviation (F/O) Josaphat Gilbert, J/26356, navigateur, 4 rue Ferland, Québec, félicite son pilote, le lieutenant (F/L) Roland Langlois, D.F.C., J/27240, de Val-Brillant, P.Q., capitaine d’un bombardier Halifax. Le lieutenant Langlois vient d’apprendre une heureuse nouvelle. Il a mérité la « Distinguished Flying Cross » Ces deux aviateurs de l’escadrille 425 Alouette ont terminé une série d’opérations aériennes.

London Gazette, 03-11-1044 – Acting Flight Lieutenant Joseph Marie Rolland LANGLOIS (Can/J27240), R.C.A.F. 425 (R.C.A.F.) Squadron. In September, 1944, F/L Langlois was detailed to attack an airfield in Holland. When nearing the target the aircraft was hit by anti-aircraft fire. A large piece of shell struck the casing of the port engine. Shortly afterwards the engine became useless. Some other damage had also been sustained but F/L Langlois continued to the target and executed a successful attack. This officer has completed many sorties and has displayed commendable skill and determination throughout. (attaque sur l’aérodrome de Volkel, Pays-Bas, le 3 septembre 1944)

L’équipage Langlois arriva à Tholthorpe le 30 avril 1944. Entre le 10 mai et le 15 octobre, ils participèrent à 34 missions de guerre. L’équipage Langlois était composé du pilote Roland Langlois, du navigateur Josaphat Gilbert; du WAG, P/O Aimé Jeannotte, J/88929, de Rouyn-Noranda; du B/A, F/O Charles-Auguste Jacques, J/27153, de Shawinigan; du R/G, F/Sgt. Donald Mayo Dube, R/177279, d’Edmunston, N.B.; du M/U/A/G F/Sgt. Wilfrid Edward Berry, de Central Butte, Saskatchewan et le F/E anglais, le Sgt J. R. Cassady, RAF185175.

Anecdote : Le 28 juin 1944, à 02:30 du matin, l’équipage Langlois, suite à un raid sur un site V-1 à Forêt d’Eawy, France, venait d’atterir et de stationner leur avion au « dispersal’, le Halifax KW-J, MZ618. Quelques minutes plus tard, un autre Halifax à l’atterrissage entra en collision avec un deuxième qui était stationné, plein d’essence et de bombes, près du KW-J. La conflagration et les explosions de bombes démolirent les deux Halifax impliqués dans l’accident ainsi que le Halifax KW-J, MZ618, de l’équipage Langlois. Bien qu’il y eut plusieurs blessés, il n’y eut aucun mort.

Three tired young men – Trois jeunes hommes fatigués

 

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RCAF photo PL-26695 – UK8672 – 425 Alouette sqn, Tholthorpe, March 2nd 1944, Réal St-Amour collection

Three tired young men. You would be too, if you’d flown to Stuttgart, bombed it and returned in the dawn hours, as these boys have. They fly in one of the Halifaxes of Alouette Squadron in Canadian Bomber Group Overseas. Left to right are P/O O.R. Collins, mid-upper gunner of Glenora, Man; P/O M.H. « Mac » MacLeod, bomb aimer of Cape Breton Island whose commission came through the day before the raid; and W/O N.H. Jones, pilot of Deschenes, Que.

Airborne Tholthorpe at 23:25 on March 1st, they landed back at base at 07:45 next morning after a mission that lasted 8 hours and 20 minutes. They flew Halifax KW-C, LW428, the same aircraft in which P/O MacLeod and W/O Jones would lose their lives 23 days later during operation Berlin.


RCAF photo PL-26695 – UK8672 – 425 Alouette sqn, Tholthorpe, 2 mars 1944, collection Réal St-Amour

Trois jeunes hommes fatigués. Vous le seriez aussi, si vous étiez allé à Stuttgart, si vous l’aviez bombardé et si vous étiez revenu à l’aube, comme ces garçons l’ont fait. Ils volent dans l’un des Halifax de l’escadron Alouette du Canadian Bomber Group Overseas. De gauche à droite, on aperçoit le P/O O.R. Collins, mid-upper gunner de Glenora, Man ; le P/O M.H. « Mac » MacLeod, bomb aimer de l’île du Cap-Breton, dont la commission est arrivée la veille du raid ; et le W/O N.H. Jones, pilote du Deschenes, Québec.

Décollant de Tholthorpe à 23h25 le 1er mars, ils atterrirent à la base à 07h45 le lendemain matin après une mission qui dura 8 heures et 20 minutes. Ils volèrent sur le Halifax KW-C, LW428, le même avion à bord duquel le lieutenant MacLeod et le lieutenant Jones perderont la vie 23 jours plus tard pendant l’opération Berlin.

Louis Renaud

L’adjudant Réal St-Amour tenait à se souvenir de ses chers Alouettes.

Cette photo était dans un de ses précieux albums.

Un de mes collaborateurs a retracé pour moi qui étaient les deux autres aviateurs: le sergent Jack Nutman et le sergent Maurice Boyer.

Louis Renaud et son équipage furent tués lors d’une mission sur Berlin il y a exactement 75 ans.

An American with les Alouettes

RCAF photo PL29251 UK10345 Réal Saint-Amour collection

Back over his course this time on paper, instead of a Halifax, flies Flight Sergeant Norman Marshall of 7189 Nagle St., Detroit, Michigan, member of a squadron of the R.C.A.F. Bomber Group. F/Sgt. Marshall has just completed his 14th sortie as navigator of one of the Canadian Group’s heavy bombers and is reporting to his section leader following his return from Karlsruhe.

F/S Norman William Marshall, R/164082, navigator of the T.F. Rance crew, 425 Alouette squadron, Tholthorpe, Yorkshire.

Halifax KW-P, LW375, airborne Tholthorpe at 21:25, April 24, 1944, target Karlsruhe. Landed back at Tholthorpe at 04:10, 25 April, followed by the debriefing seen on the photo.


RCAF photo PL29251 UK10345 Collection Réal Saint-Amour

Cette fois-ci, c’est le sergent de section Norman Marshall du 7189, rue Nagle, Détroit, Michigan, membre d’un escadron du R.C.A.F. Bomber Group, qui revient cette fois sur son itinéraire sur carte au lieu d’être à bord d’un Halifax. Le sergent Marshall vient de terminer sa 14e sortie en tant que navigateur de l’un des bombardiers lourds du Groupe canadien et fait son rapport au chef de sa section après son retour de Karlsruhe.

Capitaine d’aviation Norman William Marshall, R/164082, navigateur de l’équipage du T.F. Rance, 425e Escadron Alouette, Tholthorpe, Yorkshire.

Halifax KW-P, LW375, Tholthorpe aéroporté à 21h25, 24 avril 1944, cible Karlsruhe. Atterrissage à Tholthorpe à 4h10, le 25 avril, suivi du débriefing vu sur la photo.

Maurice Desjardins, correspondant de guerre

Article paru dans le journal LE NOUVELLISTE de Trois-Riviéres, le 13 mai 1944, page 12

(Rédigé pour la Presse Canadienne par Maurice Desjardins, correspondant de guerre des joumaux de langue frangaise. (Tous droits réservés par la Presse Canadienne)

Avec le C.A.R.C. en Angleterre. 13 (PC)

A la porte d’une hutte Nissen, j’ai vu une affiche de carton jaune. M’approchant, je vis que les lettres vertes disaient “Villa du Québec”. C’est là qu’habitent sept Canadiens-francais qui composent l’équipage d’un des gros quadrimoteurs Halifax de l’escadrille Alouette. Le chef de la bande est l’officier pilote Léopold Brochu, de Ste-Marie de Beauce, pilote de l’avion, E-forFreddie et fervent de motocyclette.

Tholfhorpe, mai 1944, P/O Léopold Brochu, avec sa moto Sgt. Henri Daoust

« Le crew de Brochu? un des meilleurs crews de l’escadrille! » m’avait dit la veille, 1eR chef d’escadrille Lucien (Jos.) Lecomte, d’Acton Vale. P.Q.

Nota : En avril 1944, l’équipage était composé du pilote, P/O Léopold Brochu, J/85412; du navigateur, W02 Jean-Paul Camiré, R/136689; du WAG, W02 Lionel Racicot, R/104959; du B/A, Sgt. Claude Bourassa, R/135243; du R/G, Sgt. Marcel Sévigny, R/189697; du M.U. A/G, Sgt. Henri Daoust, R/198410; du F/E, Sgt. Aurélien Audet, R/144511.

Aujourd’hui, j’ai visité les membres de cet équipage composé entiérement de Canadiens de langue francaise. Je me suis rendu à la “Villa du Québec » dans l’ambulance du docteur Hector Payette, de Montréal, médecin de l’escadrille.

La hutte est sous la protection de Notre-Dame du Cap, m’apprend 1e sergent de section Marcel Sévigny, 21 ans, de Shawinigan Falls. Sévigny est le mitrailleur d’arrière. C’est un bonhomme doué de plusieurs talents. Au Canada, ll jouait la guitare dans des orchestres, et il est aussi champion Jitterbug.

“Une fois par semaine”, dit Sévigny, “l’aumônier, le lieutenant de section Maurice Laplante, o. m. i., vient nous voir, lorsqu’il prend congé. Nous disons le chapelet en famille ».

Un autre type intéressant est l‘officicr breveté Lionel Racicot, de Montréal, radio-télégraphiste mitrailleur. Haut comme une botte, Racicot posséde une voix tonnante de baryton. Ses éclats de voix font vibrer la tôle des murs. ll est aussi un fervent du jardinage et a semé des fleurs dans le parterre.

Il est lutteur professionnel et à Montréal gérait un restaurant dans le club house des Royaux au stade de la rue Delorimier. Le sergent de section Claude Bourassa, des Trois-Rivières, m’a raconté qu’au retour de Nurembourg, le vent les avait poussés au-dessus de la D.C.A. d’Essen, mais qu’ils étaient revenus sans se faire « flaquer ». Brochu et son “crew » ont participé aux raids où les pertes de la R.A.F. ont été les plus considérables, sans subir la moindre égratignure. Parmi les villes du Reich qui ont reçu leur visite, mentionnons Berlin deux fois, Stuttgart trois fois, Francfort et Essen.

« C’est au départ que nous sommes nerveux, et non pas pendant la mission elle-méme ». dit l’officier pilote Jean-Paul Camiré, de Québec qui remplit les fonctions importantes de navigateur.

Camiré est l’intellectuel de l’équipage. ll était instituteur à l’école Belvedère de Québec, et sait fort bien jouer le piano.

Parmi les autres pensionnaires de la « Villa du Québec », il y a le sergent Henri Daoust, mitrailleur de tourelle centrale, de Sturgeon Falls, Ont., ancien commis de banque; le sergent Aurélien Audet, ingénieur de Valley Junction, comté de Beauce, âgés respectivement de 21 et 22 ans. Audet étudiait l’électricité à l’école Technique de Québec avant de s’engager.

Brochu était tout joyeux, car il venait d’apprendre de l’adjudant, le lieutenant de section Edmond Danis, que son brevet d’officier pilote entrait en vigueur aujourd’hui méme. Ses camarades, en le félicitant, ont promis d’organiser une petite fête pour mouiller ca.

« Une espéce de genre de banquet » dit le petit Racicot. « Nous attendons Ia prochaine livraison des colis du Canada. Il nous manque des cornichons pour les hors d’oeuvre ».

Nota : L’équipage Brochu accomplit 33 missions entre le 20 février et le 16 juillet 1944.

Le Sgt. Joseph Aurélien Audet, ingénieur de vol de l’équipage Brochu revint à l’escadrille 425 en mars 1945 pour un deuxième tour avec l’équipage du F/O Charles G. Paquet. Le P/O Audet accomplit cinq autres missions entre le 10 et le 25 avril 1945 et revint au Canada en Lancaster au mois de juin avec ce nouvel équipage.

Une autre photo de la collection de Réal St-Amour

RCAF photo PL29332 UK10795 May 12th 1944 RAF Tholthorpe, next to 425 Sqn Headquarters

collection Real Saint-Amour

Fliers go back to land. The Wireless Air Gunnery Section is still loyal enough to mother earth to do a little gardening around its buildings. These lads are operational aircrew of the Alouette Squadron in RCAF Bomber Group Overseas.

Left to right, they are Warrant Officer Homer Lea, (1024 River Ave.,) Fort William, 0nt.; Sgt. Tony Kartonchik, (16 Manchester St.) Hamilton, Ont. ; Warrant Officer Joe Piquette, (16 Bergin Ave,) Cornwall, Ont.; Sgt. Ed Bright, North Cheam, Surrey.

1) Flight Sergeant C. Norman Lea, R/162357, Wireless Air Gunner, from 1014 River Ave., Fort William, 0nt., flew 25 missions with the J.W. McDonald crew from April 20th 1944 till July 26th 1944;

2) Sergeant Tony Kartonchik, R/168086 J/92067, Officer’s commission on 18-10-1944, Wireless Air Gunner, from 16 Manchester St., Hamilton, Ont., posted to 425 squadron, Tholthorpe April let 1944, flew mainly with the LB. Todd crew:

3) W01Joseph A. Roland Piquette, R/111996 J/86663, Officer’s commission on 23-06-1944, Wireless Air Gunner from 16 Bergen st., Cornwall, 0nt., posted to 425 squadron on February 2nd 1944, flew 34 missions with the J.G.M Landry crew and one with the Vanexan crew.

4) Sergeant Ed. H, Bright, RAF1318239, Wireless Air Gunner from North Oheam, Surrey, UK, flew 32 missions with FL later W/C LH. Lecomte; posted out to 415 RCAF Sqn, on 23-08-1944.

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